Yema, la marque de montres française qui a marqué les années soixante-dix avec la Superman

...mais aussi avec les Rallygraf, Yatchingraf ou Spationaute

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Yema est une marque française emblématique de l'horlogerie des années 1960-70, fondée par Henri Blum. Grâce à des modèles techniques comme la Superman, elle a su conquérir les professionnels de l'air, de la mer et même de l'espace. Cet article retrace son histoire, son développement industriel et son influence dans le paysage horloger français.

Les origines de Yema : un héritage familial

Yema, la marque de montres française qui a marqué les années soixante-dix avec la Superman, s’impose dans l’imaginaire collectif des collectionneurs comme une référence des montres professionnelles.

Si aujourd’hui Rolex domine avec ses Submariner, Explorer ou GMT-Master, Yema a su, dans les années 1980, reconquérir les terrains abandonnés par les grandes marques suisses frappées par la crise horlogère.

À l’origine de cette réussite : Henri Blum. Fils et petit-fils d’horlogers, il sort major de l’école d’horlogerie en 1931. Après une brève expérience dans l’entreprise familiale, il effectue son service militaire dans les chars d’assaut, où il comprend l’importance de la compacité mécanique et de la durabilité des composants dans les systèmes techniques.

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Une formation solide au sein des usines Lip

Fort de cette expérience, Henri Blum intègre les usines Lip en 1935. Il y apprend les subtilités de la production horlogère : planification, approvisionnement, logistique. Il devient chef de fabrication en 1943, puis directeur des services fabrication et technique en 1944 et 1946. Il acquiert ainsi une parfaite maîtrise du fonctionnement d’une manufacture.

Convaincu de l’importance du savoir-faire local, il connaît toutes les entreprises du Jura spécialisées dans le décolletage, les fournitures et les ébauches. En 1948, il fonde Yema au 3 rue Paul Bert à Besançon. Ce petit atelier deviendra rapidement une véritable usine d’assemblage dans les années 50.

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Un modèle industriel basé sur l’établissage

Yema se développe selon la logique de l’établissage, une méthode proto-industrielle consistant à assembler des composants fournis par différents sous-traitants. Cette stratégie permet de proposer des montres de grande qualité, très appréciées des horlogers-bijoutiers.

En 1961, Yema produit plus de 300 000 montres par an. Pour accompagner sa croissance, elle construit une usine de plus de 2400 m², baptisée « Usine Yema International ». Inaugurée en septembre 1961, elle permet de produire jusqu’à 600 montres par jour et de proposer plus de 100 modèles, dont les premières montres techniques. La première sera une montre de plongée.

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La Superman : l’entrée dans la légende

Avec le modèle Superman, Yema entre dans la cour des grands. L’armée de l’air française équipe ses pilotes de ce modèle. La Fédération Française de Voile choisit la Yatchingraf comme montre officielle de l’équipe de France, portée par des navigateurs comme Éric Tabarly ou Florence Arthaud.

Dans les années suivantes, la marque se diversifie : le monde automobile avec le chronographe Rallygraf porté par Mario Andretti, l’aviation avec le Flygraf, et même l’espace avec le modèle Spationaute, porté par Jean-Loup Chrétien lors de son premier vol spatial — en binôme avec les chronographes russes Sturmanskie.

En 1970, Yema dépasse les 500 000 montres vendues. En 1977, elle atteint le million, et double ce chiffre en 1982, année où Henri Blum, devenu entre-temps Henry-Louis Belmont, quitte la direction de l’entreprise.

Des ambitions industrielles jusqu’à Matra

En 2008, son fils Henry-John Belmont choisit de ne pas reprendre l’entreprise familiale. Il cède Yema au groupe Matra, probablement avec le soutien du ministre de la Recherche de l’époque. Objectif : créer une nouvelle entité baptisée « Matra Horlogerie ».

Mais l’aventure tourne court. Après la fusion de Yema avec Jaz (réveils) et le département compteurs de Jaeger, Henry-John est évincé en 1986. Ainsi s’achève une saga familiale et industrielle hors du commun.

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