Tudor Submariner : histoire, Marine nationale, références et guide du collectionneur de la 7922 à la 79190
De la Tudor Submariner 7922 de 1954 à la dernière 79190 : histoire, Snowflake, Marine Nationale, 7928, 9401, calibres ETA, expertise, valeur, restauration et guide Mostra pour acheter et collectionner une Tudor Submariner vintage

Tudor Submariner : histoire, références et guide du collectionneur de la 7922 à la 79190
De la première Tudor Oyster Prince Submariner de 1954 aux Snowflake de la Marine nationale et à la dernière 79190 : quarante-cinq ans d’une autre histoire de la montre de plongée.
La Tudor Submariner est souvent présentée comme la sœur plus accessible de la Rolex Submariner. Cette définition permet de comprendre son origine, mais elle devient rapidement insuffisante. Entre 1954 et 1999, Tudor va développer une véritable lignée de montres de plongée professionnelles, utiliser successivement plusieurs familles de mouvements, construire une identité graphique immédiatement reconnaissable avec les aiguilles Snowflake et écrire une histoire opérationnelle remarquable auprès de la Marine nationale française et de différents utilisateurs militaires.
Pour le collectionneur contemporain, la difficulté n’est donc plus simplement de reconnaître une Tudor Submariner. Elle consiste à déterminer quelle référence, quelle génération de cadran, quel mouvement, quelles pièces, quelle provenance et quel niveau de conservation se trouvent réellement devant lui.
Par Thierry Serna et Jean-Baptiste Contini
Lecture historique, patrimoniale et marché : Thierry Serna
Analyse technique et méthodologie atelier : Jean-Baptiste Contini
L’ESSENTIEL MOSTRA — POUR LES LECTEURS PRESSÉS
La Tudor Submariner en deux minutes
La première Tudor Oyster Prince Submariner référence 7922 apparaît en 1954. Elle reprend le principe du boîtier Oyster, utilise selon les générations des couronnes, bracelets ou composants encore liés à Rolex, mais reçoit sa propre mécanique et développe progressivement une identité distincte.
Quatre grandes périodes structurent son histoire. 1954–1968 correspond aux références 7922, 7923, 7924 et surtout 7928. À partir de 1969, les 7016 et 7021 inaugurent les cadrans à index carrés et les aiguilles Snowflake ainsi que les mouvements ETA. Au milieu des années 1970, les 9401/0 et 9411/0 installent durablement cette identité, notamment dans les dotations militaires. À partir de la fin des années 1980, les 79090 puis 79190 reviennent vers un dessin plus classique avant la disparition de la ligne Submariner en 1999.
L’histoire militaire est fondamentale. Des Tudor sont évaluées par le G.E.R.S. à Toulon dès 1956. La Marine nationale utilise ensuite différentes générations et, à partir de 1974, certaines pièces reçoivent les célèbres gravures M.N. suivies de l’année de dotation. La 9401 bleue Snowflake deviendra l’une des Tudor militaires les plus emblématiques.
Pour autant, une gravure, un cadran tropical ou une paire d’aiguilles Snowflake ne suffisent jamais à déterminer la qualité d’une montre. Référence, numéro de série, cadran, aiguilles, lunette, couronne, boîtier, mouvement, bracelet, marquages et provenance doivent raconter une histoire cohérente.
La question utile n’est donc pas seulement « Est-ce une vraie Tudor Submariner ? », mais « Quelle Tudor Submariner est-ce exactement, de quelle période, avec quelles pièces et dans quel état de conservation ? »
Comprendre les quatre générations | Voir les 12 contrôles Mostra | Découvrir les Tudor disponibles chez Mostra
La Tudor Submariner en quatre grandes générations
Près d’un demi-siècle de production devient beaucoup plus facile à comprendre lorsqu’on regroupe les références autour de quatre grandes étapes. Derrière les variantes de cadrans, de lunettes, de mouvements et de dotations militaires, l’évolution suit une logique claire : naissance de la plongeuse Oyster, apparition de l’identité Snowflake, maturité des générations ETA militaires, puis dernière génération modernisée.
| Grande époque | Période | Références repères | Mouvements | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|---|---|---|
| Première génération | 1954–1968 | 7922, 7923, 7924, 7928 | 390 / ETA 1182 | Naissance de la plongeuse Tudor, Big Crown et développement des protège-couronne |
| Naissance du Snowflake | À partir de 1969 | 7016 / 7021 | ETA 2483 / 2484 | Bouclier Tudor, index carrés, aiguilles Snowflake et date sur la 7021 |
| Maturité militaire et ETA | Milieu des années 1970–années 1980 | 9401/0, 9411/0, 76100 | ETA 2776 / 2784 / 2824-2 | Tudor blue, Marine nationale, Snowflake et transition vers une mécanique plus moderne |
| Dernière génération | 1989–1999 | 79090 / 79190 | ETA 2824-2 | Retour à une esthétique plus classique, puis saphir et lunette unidirectionnelle |
Si vous ne retenez qu’une chronologie, retenez celle-ci : 7922 → 7924 → 7928 → Snowflake 7016/7021 → 9401/9411 → 76100 → 79090 → 79190.
DANS CET ARTICLE
Comprendre les origines
La vision de Hans Wilsdorf : une Tudor n’est pas simplement une Rolex moins chère
1954 : référence 7922, le véritable point de départ
1955 : 7923, l’étonnante Submariner manuelle
1958 : 7924 Big Crown et 200 mètres
1959–1967 : 7928 et la silhouette définitive
Tropical : quand le vieillissement devient une caractéristique de collection
Marine nationale et histoire militaire
1956 : la Marine nationale entre dans l’histoire de Tudor
Une Tudor Marine Nationale n’est pas définie uniquement par « M.N. »
1969 : le Snowflake donne à Tudor un visage qui lui appartient
7016 et 7021 : la rupture mécanique avec le calibre 390
Le Snowflake a-t-il été créé pour la Marine nationale ?
9401/0 : la Tudor M.N. emblématique
9411/0 : le Snowflake avec date
Les bracelets militaires et la question du NATO
L’autre histoire militaire : Tudor et l’US Navy
Les dernières générations
76100 : la transition méconnue des années 1980
1989 : 79090, retour aux codes classiques
1995 : 79190, la dernière Tudor Submariner
Et les Mini-Submariner ?
Les principales Tudor Submariner en un regard
Comprendre et expertiser une Tudor Submariner
Tudor Submariner contre Rolex Submariner
Reconnaître une Tudor est facile, comprendre laquelle on regarde l’est moins
Pourquoi les Snowflake demandent une expertise particulière
Cadran d’origine, Tudor de service ou cadran restauré
Une Tudor M.N. est-elle forcément plus intéressante ?
Les 8 erreurs à éviter avant achat
Les 12 contrôles Mostra
Porter, restaurer et collectionner
Peut-on encore plonger avec une Tudor Submariner vintage ?
Avant de restaurer une Snowflake
Quelle Tudor Submariner choisir aujourd’hui ?
Ce qui détermine réellement la valeur d’une Tudor Submariner
Le marché de la Tudor Submariner : rareté, provenance et qualité
La Tudor Submariner est-elle un investissement ?
Mostra, expertise et marché de l’occasion
La fin de la Submariner n’a pas supprimé son ADN
Pourquoi acheter une Tudor Submariner vintage chez Mostra ?
Faire expertiser, entretenir ou vendre une Tudor Submariner
Pour approfondir : les dossiers Mostra liés à la Tudor Submariner
FAQ Tudor Submariner
Une Tudor moins chère qu’une Rolex ? La vision de Hans Wilsdorf est plus subtile
L’histoire de Tudor commence avant la Submariner. Hans Wilsdorf cherche dès les années 1920 à proposer une montre capable d’offrir un niveau élevé de fiabilité et de qualité tout en se situant à un prix plus accessible que Rolex. La marque Tudor apparaît dans les années 1920, passe sous le contrôle direct de Wilsdorf dans les années 1930 et Montres Tudor S.A. est constituée en 1946.
Cette organisation explique une partie de la construction des premières Tudor. Rolex apporte son expérience de l’étanchéité Oyster, de la distribution et du service, tandis que Tudor adopte une stratégie de mouvements différente permettant de contenir les coûts sans renoncer à l’idée de montre robuste et fiable.
Lorsque la Tudor Submariner apparaît, la parenté est donc réelle. Certaines couronnes, certains bracelets et certains composants peuvent porter le nom Rolex. Mais cette parenté n’implique ni que les Tudor soient des Rolex déclassées, ni qu’elles soient de simples produits reconditionnés.
La formule est beaucoup plus intéressante : une architecture technique partagée sur certains éléments, des mouvements différents et, progressivement, une identité propre.
C’est précisément cette évolution qui rend la Tudor Submariner passionnante pour le collectionneur. Elle permet d’observer, référence après référence, le moment où une montre née dans l’univers Oyster devient un objet dont les codes visuels finiront par identifier Tudor elle-même.
1954 : Tudor Oyster Prince Submariner 7922, le véritable point de départ

La première Tudor de plongée de la lignée Submariner apparaît en 1954 sous la référence 7922. Son architecture est déjà étonnamment cohérente : boîtier Oyster à fond et couronne vissés, cadran noir très lisible, grands index lumineux, lunette tournante graduée et verre plexiglas bombé.
L’étanchéité annoncée est alors de 100 mètres.
La montre utilise le calibre automatique Tudor 390, développé sur une base Fleurier et battant à environ 18 000 alternances par heure. La couronne vissée et le bracelet Oyster de certaines configurations portent encore une signature Rolex.
Ce détail est fondamental pour l’expertise des Tudor anciennes. Trouver une couronne ou un bracelet marqué Rolex sur une Tudor Submariner de cette période n’est pas nécessairement une incohérence. Selon la référence et l’année, c’est précisément ce que l’on peut s’attendre à rencontrer.
La difficulté consiste donc à ne pas appliquer aux Tudor des années 1950 la séparation visuelle et industrielle qui caractérisera beaucoup plus tard les deux marques.
1955 : 7923, l’étrange et rare Submariner à remontage manuel
La référence 7923 occupe une place presque expérimentale dans la chronologie. Contrairement aux autres grandes générations historiques de Tudor Submariner, elle adopte un mouvement à remontage manuel ETA 1182, battant lui aussi à environ 18 000 alternances par heure.
L’absence de rotor permet une montre relativement fine et modifie naturellement la présentation du cadran. Les mentions liées au remontage automatique disparaissent, tandis que l’étanchéité reste annoncée à 100 mètres.
Cette référence rappelle surtout qu’au milieu des années 1950, la recette de la Tudor Submariner n’est pas encore figée. Tudor explore plusieurs solutions avant de stabiliser l’architecture qui dominera les décennies suivantes.
Pour le collectionneur, la 7923 appartient aujourd’hui aux références les plus particulières de la famille. Sa rareté implique une prudence extrême : cadran, mouvement, boîtier, couronne, aiguilles et lunette doivent être étudiés ensemble.
1958 : la 7924 Big Crown fait passer la Tudor Submariner à 200 mètres

Avec la 7924 de 1958, Tudor franchit une étape importante. Le boîtier est renforcé, le verre devient plus robuste et l’étanchéité annoncée passe de 100 à 200 mètres.
La montre est aujourd’hui surnommée Big Crown en raison de sa grande couronne vissée d’environ 8 mm. Le boîtier, d’environ 37 mm, conserve l’absence de protège-couronne qui donne à cette génération une silhouette immédiatement reconnaissable.
Le mouvement reste le calibre automatique 390.
La combinaison d’une grande couronne, d’un boîtier relativement compact, d’un cadran noir et d’une lunette sans protections latérales crée aujourd’hui une esthétique extrêmement recherchée.
Mais le surnom Big Crown ne doit jamais suffire à l’achat. Sur une référence aussi ancienne, la couronne elle-même, le cadran, l’insert, le boîtier et les composants lumineux ont pu être remplacés ou restaurés au cours des décennies.
1959–1967 : la référence 7928 cherche puis trouve la silhouette définitive

La 7928 est probablement l’une des références les plus importantes de toute l’histoire de la Tudor Submariner.
À partir de 1959 apparaissent les premières protections de couronne. Les collectionneurs distinguent aujourd’hui plusieurs formes, notamment les premières Square Crown Guards, puis les Pointed Crown Guards, avant l’adoption de protège-couronne plus arrondis au cours des années 1960.
Le diamètre se rapproche de 39 mm, l’étanchéité reste annoncée à 200 mètres et le calibre automatique 390 continue d’assurer le fonctionnement de la montre.
Cette évolution est particulièrement intéressante parce qu’elle montre comment une seule référence peut contenir plusieurs générations visuellement très différentes. Une 7928 de 1959 à protège-couronne carrés et une 7928 plus tardive n’occupent pas exactement la même place dans une collection, même si le numéro inscrit entre les cornes reste identique.
À la fin des années 1960, la Tudor Submariner a pratiquement trouvé l’architecture générale qui servira de base à la génération suivante.
Tropical : quand le vieillissement devient une caractéristique de collection

Certains cadrans et inserts anciens peuvent changer de couleur avec le temps sous l’effet de la lumière, de la chaleur, de l’humidité ou de leur propre composition chimique.
Le terme Tropical est aujourd’hui utilisé pour certaines évolutions naturelles vers le brun, le chocolat ou des nuances plus chaudes. Sur une belle Tudor ancienne, cette transformation peut donner à la montre une personnalité remarquable.
Mais le terme demande la même prudence que « Patrizzi » sur une Daytona.
Tout cadran brun n’est pas automatiquement un cadran tropical recherché. Une dégradation liée à une infiltration d’humidité, une corrosion, un vernis défaillant ou une intervention humaine ne possède pas la même signification.
La patine n’est intéressante que lorsqu’elle reste cohérente avec l’histoire matérielle de la montre.
Année 1956
Quand la Marine Nationale entre dans l’histoire de Tudor...

Le lien entre Tudor et la Marine nationale française constitue l’un des chapitres les plus importants de la marque.
Au début de 1956, le Groupement d’Études et de Recherches Sous-Marines, le G.E.R.S. installé à Toulon, reçoit notamment des Tudor Submariner références 7922 et 7923 pour évaluation.
Les premiers retours confirment l’intérêt de la montre comme instrument de plongée. La recherche d’une étanchéité supérieure accompagne ensuite l’arrivée de la 7924 donnée pour 200 mètres, puis la référence 7928 est à son tour utilisée dans différents contextes opérationnels.
Cette histoire change profondément la lecture de la Tudor Submariner. Elle n’est plus uniquement une déclinaison commerciale d’une architecture Oyster : elle devient une montre-outil réellement testée et utilisée par des plongeurs professionnels.
La Marine nationale restera ensuite associée à plusieurs générations de Tudor, au point de contribuer fortement à l’image contemporaine de la marque auprès des collectionneurs.
Une Tudor Marine Nationale n’est pas définie uniquement par le sigle « M.N. » sur le fond de son boitier

Il faut distinguer l’utilisation militaire de la présence d’une gravure militaire.
Des Tudor Submariner sont utilisées par la Marine nationale dès les années 1950, bien avant l’apparition des marquages de fond devenus célèbres.
À partir de 1974, certaines montres reçoivent les initiales M.N. suivies de l’année de dotation. Les mentions telles que M.N. 75 ou M.N. 76 sont devenues extrêmement connues des collectionneurs.
Mais une gravure peut être reproduite.
La présence de deux lettres et d’une année ne suffit donc jamais à établir une provenance. La police, la profondeur, la position, le fond de boîte, la référence, le numéro de série, la période de production, le cadran, le mouvement et, lorsque cela est possible, les documents doivent converger.
Sur une montre militaire, une gravure est un indice. Une provenance naît de la convergence des indices.
Cette méthodologie rejoint celle développée dans les autres dossiers historiques de Mostra consacrés aux montres de dotation et à la Marine nationale.
1969 : le Snowflake donne enfin à Tudor un visage qui lui appartient
En 1969, l’histoire de la Tudor Submariner change radicalement.
Les nouvelles références 7016 et 7021 abandonnent progressivement le vocabulaire graphique directement associé aux premières Submariner. Les index deviennent carrés et les aiguilles adoptent de grandes surfaces lumineuses anguleuses que les collectionneurs surnommeront plus tard Snowflake.
Le logo évolue également : le bouclier Tudor prend la place qu’il conservera durablement.
Le changement n’est pas uniquement esthétique. Les grandes surfaces lumineuses des aiguilles et des index renforcent la lisibilité dans l’obscurité, qualité essentielle pour une véritable montre de plongée.
C’est probablement le moment où la Tudor Submariner devient immédiatement identifiable sans que le lecteur ait besoin de lire le nom de la marque sur le cadran.
Le Snowflake dépasse ensuite la seule ligne Submariner. Il devient l’un des signes les plus durables de l’identité Tudor et réapparaîtra plusieurs décennies plus tard dans les familles Black Bay et Pelagos.
7016 et 7021 : la rupture mécanique avec le calibre 390

Le changement de cadran s’accompagne d’une transformation mécanique importante.
La 7016 sans date reçoit le calibre automatique ETA 2483, tandis que la 7021 avec date utilise l’ETA 2484. La 7021 ajoute un guichet à 3 heures et une loupe Cyclope.
Tudor quitte ainsi la famille de mouvements 390 utilisée sur plusieurs générations précédentes pour s’appuyer sur des mouvements ETA robustes, rationnels et largement éprouvés.
Le boîtier conserve néanmoins le principe Oyster et différents composants extérieurs peuvent encore porter une signature Rolex selon la période.
Le paradoxe de la Tudor Submariner apparaît alors dans toute sa richesse : une enveloppe issue de l’univers Oyster, une mécanique ETA et un visage Snowflake désormais profondément Tudor.
Le Snowflake a-t-il été créé pour la Marine nationale ?
L’affirmation est souvent répétée sous une forme trop simple.
Le Snowflake répond clairement à une logique fonctionnelle. La surface lumineuse accrue des aiguilles et des index améliore la lisibilité, qualité particulièrement pertinente pour les plongeurs professionnels et militaires.
L’association entre Snowflake et Marine nationale est donc historiquement très forte.
Mais cela ne signifie pas que la Marine nationale ait nécessairement dessiné elle-même les aiguilles ou commandé exactement cette forme.
La formulation la plus rigoureuse consiste à considérer le Snowflake comme un développement Tudor dont les qualités fonctionnelles correspondaient particulièrement bien aux besoins des plongeurs professionnels et qui est devenu indissociable de l’histoire militaire de la marque.
Cette nuance ne réduit pas la portée de l’histoire. Elle la rend simplement plus solide.
9401/0 : probablement la plus emblématique des Tudor Marine Nationale

Au milieu des années 1970, la 9401/0 succède progressivement aux générations précédentes.
Elle reçoit le calibre automatique ETA 2776, qui apporte notamment une fréquence plus moderne et une fonction stop-seconde permettant une mise à l’heure plus précise.
Plusieurs combinaisons de cadrans et de lunettes existent. Le bleu prend une importance particulière et donne naissance à l’une des images les plus emblématiques de la Tudor Submariner.
La version 9401 bleue Snowflake est étroitement associée à la Marine nationale. Certains fonds portent les initiales M.N. suivies de l’année de dotation.
Cette montre résume presque à elle seule plusieurs éléments devenus aujourd’hui caractéristiques de Tudor : bleu, Snowflake, robustesse, plongée et histoire militaire française.
Pour le collectionneur, c’est aussi une référence qui demande beaucoup de prudence. La forte désirabilité des exemplaires militaires augmente naturellement l’intérêt des faux marquages, des assemblages et des restaurations destinées à créer une histoire plus séduisante qu’elle ne l’est réellement.
9411/0 : le Snowflake avec date
La 9411/0 prolonge la même philosophie en ajoutant la date.
Elle utilise principalement le calibre automatique ETA 2784, associé à un guichet à 3 heures et à la loupe Cyclope. Les cadrans noirs et bleus permettent plusieurs configurations de collection.
Pour certains amateurs, la version sans date possède une pureté visuelle supérieure. Pour d’autres, la date et le Cyclope font partie du charme très particulier des Tudor Submariner des années 1970 et 1980.
Le marché actuel ne tranche pas cette question de manière absolue. L’état, l’originalité et la provenance de l’exemplaire pèsent souvent davantage que le simple choix entre date et sans date.
Les bracelets militaires : pourquoi un NATO moderne peut raconter une fausse histoire
Les montres militaires introduisent une autre difficulté : la différence entre la configuration commerciale, la configuration de dotation et la configuration réellement utilisée sur le terrain.
Certaines Tudor destinées à la Marine nationale ont été utilisées sur des bracelets textiles, notamment des sangles en nylon ou différents systèmes artisanaux adaptés par les plongeurs.
Le bracelet métallique pouvait ne pas être l’élément central de la dotation.
Cette histoire a naturellement conduit de nombreux collectionneurs contemporains à porter leurs Tudor M.N. sur des bracelets NATO ou similaires.
Ce choix peut être esthétiquement et historiquement cohérent.
Il ne constitue toutefois jamais une preuve de provenance.
Un bracelet moderne peut raconter l’esprit de la montre. Il ne démontre pas son histoire.
L’autre histoire militaire : Tudor et l’US Navy
La Marine nationale française occupe une place centrale dans l’imaginaire Tudor, mais l’histoire militaire de la Submariner dépasse largement la France.
Des références Tudor Submariner apparaissent dans la documentation liée aux plongeurs militaires américains. La 7928 est notamment associée à l’univers des Underwater Demolition Teams, tandis que les références 7016, 7021 puis certaines générations ultérieures sont documentées dans l’environnement de l’US Navy.
Cette provenance est souvent plus difficile à établir que celle d’une M.N. française. Les montres américaines ne portent pas nécessairement un marquage standardisé aussi immédiatement identifiable.
L’absence de gravure ne signifie donc pas automatiquement l’absence d’histoire militaire.
Mais l’absence de gravure augmente encore l’importance de la documentation, de la provenance et de la cohérence chronologique.
76100 : la transition méconnue des années 1980

La référence 76100 constitue l’une des transitions les plus intéressantes de l’histoire Tudor.
Elle utilise le calibre automatique ETA 2824-2, dispose d’une date et apparaît dans plusieurs configurations visuelles. Certaines pièces sont notamment connues avec une aiguille des heures dite Lollipop.
La 76100 se situe entre l’univers Snowflake classique et la génération 79090 plus conventionnelle.
Elle possède également une dimension militaire, certaines références de cette famille apparaissant dans la documentation d’approvisionnement liée à l’US Navy.
Son intérêt contemporain vient précisément de cette position intermédiaire. Elle est moins immédiatement iconique qu’une 9401 bleue, mais elle raconte une transition mécanique et esthétique importante.
1989 : 79090, retour aux codes classiques de la Submariner
En 1989, la référence 79090 inaugure une phase visuellement plus classique.
Les aiguilles Snowflake disparaissent au profit d’un dessin plus directement apparenté aux codes traditionnels de la Submariner. Les cadrans existent notamment en noir ou en bleu avec lunettes assorties.
Le boîtier reste autour de 39 mm et l’étanchéité annoncée demeure de 200 mètres.
Le mouvement est l’ETA 2824-2, robuste et largement éprouvé.
La 79090 occupe aujourd’hui une position intéressante sur le marché. Elle conserve le plexiglas et l’esprit des Tudor anciennes tout en utilisant une architecture mécanique plus moderne et plus simple à entretenir que les premières générations.
Elle peut donc constituer une excellente porte d’entrée dans l’univers de la Tudor Submariner pour un collectionneur qui souhaite réellement porter sa montre.
1995 : 79190, la dernière Tudor Submariner

La 79190 entre au catalogue au milieu des années 1990 et constitue la dernière grande référence de la lignée historique.
Elle introduit plusieurs évolutions importantes : verre saphir, index cerclés et lunette tournante unidirectionnelle. La date demeure associée au Cyclope et le mouvement appartient à la famille ETA 2824-2.
Les cadrans noirs ou bleus conservent une esthétique familière, mais la sensation générale devient plus contemporaine.
La ligne Submariner Tudor disparaît du catalogue en 1999.
La 79190 possède donc une signification particulière. Elle n’est pas nécessairement la référence la plus rare ou la plus spectaculaire, mais elle représente la dernière Tudor portant officiellement le nom Submariner.
Et les Mini-Submariner ?
L’histoire de la Tudor Submariner ne se limite pas aux boîtiers d’environ 39 mm.
Tudor développe également des versions de diamètres plus contenus, souvent regroupées aujourd’hui sous l’appellation Mini-Sub ou dans des familles intermédiaires.
Ces modèles rappellent que Tudor n’a pas toujours pensé la montre de plongée uniquement comme une grande montre masculine. Plusieurs diamètres coexistent et certaines références compactes connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt lié au retour des montres de dimensions plus raisonnables.
Elles forment néanmoins une branche latérale de l’histoire. Pour comprendre la construction de la Tudor Submariner professionnelle, les références 7922, 7924, 7928, 7016, 7021, 9401, 9411, 76100, 79090 et 79190 restent les principaux points de repère.
Les principales références Tudor Submariner en un regard
| Référence | Période repère | Calibre | Date | Verre | Étanchéité annoncée | Repère collection |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 7922 | 1954 | 390 | Non | Plexiglas | 100 m | Première Tudor Submariner |
| 7923 | 1955 | ETA 1182 | Non | Plexiglas | 100 m | Rare version manuelle |
| 7924 | 1958 | 390 | Non | Plexiglas | 200 m | Big Crown 8 mm |
| 7928 | 1959–fin des années 1960 | 390 | Non | Plexiglas | 200 m | Évolution des Crown Guards |
| 7016 | Dès 1969 | ETA 2483 | Non | Plexiglas | 200 m | Première génération Snowflake |
| 7021 | Dès 1969 | ETA 2484 | Oui | Plexiglas Cyclope | 200 m | Snowflake Date |
| 9401/0 / 94010 | Milieu des années 1970–années 1980 | ETA 2776 | Non | Plexiglas | 200 m | Tudor blue, Marine nationale |
| 9411/0 / 94110 | Années 1970–1980 | ETA 2784 | Oui | Plexiglas Cyclope | 200 m | Snowflake Date |
| 76100 | Années 1980 | ETA 2824-2 | Oui | Plexiglas | 200 m | Transition, aiguilles Lollipop sur certaines versions |
| 79090 | Dès 1989 | ETA 2824-2 | Oui | Plexiglas Cyclope | 200 m | Retour au dessin classique |
| 79190 | 1995–1999 | ETA 2824-2 | Oui | Saphir Cyclope | 200 m | Dernière Tudor Submariner |
Les périodes sont volontairement présentées comme des repères. Les références, cadrans, bracelets, mouvements et pièces de service peuvent se chevaucher selon les années. Une date de tableau ne doit jamais servir seule à authentifier une Tudor Submariner.
Tudor Submariner contre Rolex Submariner : mêmes racines, deux histoires différentes
Comparer les deux familles est inévitable.
Les premières Tudor utilisent réellement plusieurs éléments issus de l’univers Rolex Oyster. Boîtiers, couronnes et bracelets peuvent porter une signature Rolex tandis que Tudor adopte une autre stratégie pour ses mouvements.
Mais à partir de 1969, l’histoire diverge beaucoup plus nettement.
Rolex poursuit l’évolution de sa propre Submariner avec les références 5512, 5513, 1680 puis les générations saphir. Tudor introduit simultanément le Snowflake, le bleu, les mouvements ETA et une histoire militaire qui devient extrêmement visible.
À partir de ce moment, réduire Tudor au rôle de Rolex économique devient particulièrement réducteur.
La Rolex Submariner et la Tudor Submariner partagent une généalogie. Elles ne racontent plus exactement la même histoire.
Pour suivre la branche parallèle, consulter notre dossier Rolex Submariner : histoire, références et guide du collectionneur.
Reconnaître une Tudor Submariner prend quelques secondes. Comprendre laquelle on regarde peut demander beaucoup plus longtemps.
La silhouette d’une Tudor Submariner est facile à reconnaître. Le véritable travail commence après.
Une 7928 Square Crown Guards et une 7928 plus tardive peuvent porter la même référence tout en appartenant à deux catégories de collection différentes.
Une 7016 civile et une 7016 liée à la Marine nationale peuvent partager une grande partie de leur architecture mais pas leur provenance.
Une 9401 bleue Snowflake, une version noire ou une configuration tardive peuvent représenter des moments différents de la production.
Une 79090 et une 79190 paraissent très proches sur une photographie, alors que leur verre, leur lunette et leur place dans la chronologie les séparent nettement.
La référence donne la famille. Le cadran, les aiguilles, la couronne, le boîtier, le mouvement, les marquages, le bracelet et l’histoire donnent l’identité de l’exemplaire.
Les cadrans Snowflake : pourquoi ils demandent une expertise particulière
Les Snowflake sont devenues les Tudor Submariner les plus immédiatement identifiables.
Elles comptent aussi parmi les plus complexes à acheter correctement.
Il faut examiner la génération du cadran, sa couleur, sa typographie, les index carrés, la matière lumineuse, les aiguilles Snowflake, leur teinte, l’insert de lunette, le boîtier et le mouvement.
La correspondance chromatique parfaite n’est pas nécessairement un avantage. Une montre de cinquante ans peut présenter un vieillissement légèrement différent entre cadran et aiguilles.
À l’inverse, une patine spectaculaire ne prouve rien par elle-même.
L’objectif n’est donc pas de trouver la montre qui paraît la plus ancienne, mais celle dont les différents éléments vieillissent de manière compatible avec son histoire.
Cadran d’origine, cadran Tudor de service et cadran restauré : trois réalités différentes
Cette distinction est fondamentale sur le marché de la Tudor Submariner.
Un cadran d’origine correspond à la configuration de production de la montre.
Un cadran Tudor de service peut être parfaitement authentique tout en appartenant à une génération plus récente. Il peut avoir été installé lors d’une révision pour remplacer un cadran détérioré.
Un cadran restauré, repeint ou aftermarket appartient à une autre catégorie.
Dans les trois cas, la montre peut donner l’heure et être mécaniquement saine.
Son intérêt patrimonial et sa valeur de collection peuvent toutefois être profondément différents.
Le même raisonnement doit être appliqué aux aiguilles, à l’insert de lunette, à la couronne, au bracelet et parfois au fond de boîte.
Une Tudor M.N. est-elle forcément plus intéressante qu’une Tudor civile ?
Non.
Une Tudor Marine nationale authentique et correctement documentée possède une dimension historique exceptionnelle. Mais une gravure douteuse, une provenance construite ou une configuration incohérente peuvent rendre une prétendue M.N. moins intéressante qu’une excellente montre civile.
Inversement, une superbe 7928 civile avec beau cadran, boîtier peu poli, mouvement cohérent et composants d’époque peut constituer une pièce de collection remarquable.
Le marché valorise naturellement la provenance militaire.
L’expertise doit d’abord démontrer cette provenance avant de lui attribuer une prime.
ACHETER UNE TUDOR SUBMARINER VINTAGE : 8 ERREURS À ÉVITER
1. Acheter le mot Snowflake avant d’acheter la montre.
Une aiguille carrée ou un cadran bleu ne suffisent jamais à établir la qualité de l’exemplaire.
2. Considérer une gravure M.N. comme une preuve autonome.
Une gravure est reproductible. Une provenance cohérente l’est beaucoup moins.
3. Rejeter systématiquement une couronne Rolex parce que la montre est une Tudor.
Sur certaines générations, une couronne ou un bracelet signé Rolex est précisément cohérent avec l’histoire de la montre.
4. Confondre patine et dégradation.
Un cadran tropical naturel n’est pas synonyme d’humidité, de corrosion ou de restauration.
5. Chercher à rendre neuve une Snowflake de cinquante ans.
Un polissage ou un remplacement esthétique irréversible peut supprimer une partie de son intérêt patrimonial.
6. Acheter à partir de l’année seule.
Les références et configurations se chevauchent. Il faut toujours confronter numéro de série, cadran, mouvement et composants.
7. Négliger le mouvement parce qu’il s’agit d’un ETA.
Un mouvement robuste peut avoir subi plusieurs décennies d’usure, de mauvais entretien ou de remplacements inadaptés.
8. Croire qu’un bracelet NATO prouve une origine militaire.
La manière dont une montre est portée aujourd’hui ne démontre jamais son histoire de dotation.
Les douze contrôles Mostra avant l’achat d’une Tudor Submariner

1. Référence et numéro de série : identifier précisément la génération et vérifier la cohérence chronologique.
2. Cadran : contrôler typographie, logo rose ou bouclier, profondeur annoncée, matière lumineuse, état et éventuelle restauration.
3. Aiguilles : vérifier leur type — Mercedes, bâton, Snowflake, Lollipop ou configuration tardive — ainsi que leur matière lumineuse.
4. Lunette et insert : identifier génération, graduation, vieillissement, rotation et éventuel remplacement.
5. Couronne : Tudor ou Rolex selon la période, dimensions, vissage, tube et cohérence avec le boîtier.
6. Boîtier : examiner numéros, cornes, épaulements, volumes, arêtes et traces de polissage.
7. Fond de boîte : contrôler références internes, signatures et éventuels marquages militaires.
8. Mouvement : identifier 390, ETA 1182, 2483, 2484, 2776, 2784 ou 2824-2 selon la référence.
9. Fonctionnement mécanique : marche, remontage, changement de date et stop-seconde lorsque ces fonctions sont présentes.
10. Étanchéité : mesurer l’état réel plutôt que déduire une capacité actuelle de l’inscription historique 100 ou 200 mètres.
11. Bracelet : contrôler signature Rolex ou Tudor selon période, référence, pièces de bout, jeu et sécurité.
12. Provenance et documents : particulièrement déterminants lorsque la montre est présentée comme militaire ou issue d’une unité précise.
Cette méthode permet de sortir d’une vision simpliste où une Tudor serait seulement « vraie » ou « fausse ». Une montre peut être authentique avec un cadran de service. Elle peut être très originale tout en nécessitant une révision mécanique importante. Elle peut porter une véritable gravure ancienne sans disposer d’une provenance suffisamment documentée pour justifier toutes les conclusions commerciales que l’on voudrait lui associer.
La qualité d’une Tudor Submariner naît de l’équilibre entre authenticité, cohérence historique, conservation, mécanique et provenance.
Peut-on encore plonger avec une Tudor Submariner vintage ?
Historiquement, oui : ces montres ont été conçues et utilisées comme de véritables instruments de plongée.
Mais une 9401 des années 1970 approche aujourd’hui le demi-siècle et une 7928 peut dépasser soixante ans.
L’inscription « 200 m » décrit donc la spécification historique de la montre, pas automatiquement son étanchéité actuelle.
Joints, tube de couronne, fond, verre et couronne vieillissent. Un boîtier peut également avoir été poli, ouvert ou modifié plusieurs fois.
Avant toute immersion, une Tudor Submariner ancienne doit être testée.
Sur certaines pièces particulièrement rares, militaires ou patrimoniales, la décision la plus rationnelle peut même consister à ne plus les immerger et à réserver la plongée à une montre moderne.
Avant de restaurer une Snowflake : comprendre ce que l’on risque de supprimer
AVANT D’EFFACER UNE TRACE, IL FAUT SAVOIR CE QU’ELLE RACONTE
Une matière lumineuse devenue ivoire, un insert de lunette légèrement décoloré, quelques rayures ou une variation de teinte ne constituent pas nécessairement des défauts à corriger.
Sur une Tudor de collection, une intervention esthétique irréversible peut supprimer précisément ce qui permettait de lire son âge et sa conservation.
La restauration doit distinguer ce qui est simplement ancien de ce qui menace réellement le fonctionnement ou la pérennité de la montre.
Un tritium stabilisé n’a pas besoin d’être remplacé parce qu’il ne brille plus. Une petite rayure n’exige pas automatiquement un polissage. Un insert passé peut être historiquement plus intéressant qu’un insert de service neuf.
La mécanique répond à une logique différente. Une pièce usée, un ressort fatigué, un joint desséché ou un rouage endommagé doivent être traités lorsque la fiabilité de la montre l’exige.
Préserver une Tudor vintage ne signifie donc pas refuser l’entretien. Cela signifie intervenir avec discernement.
Quelle Tudor Submariner choisir aujourd’hui ?
Pour le collectionneur des origines
Les 7922, 7923 et 7924 représentent la naissance de la lignée. Elles offrent la plus forte proximité historique avec les premières années de la plongeuse Tudor, mais demandent aussi le niveau d’expertise le plus élevé.
Pour celui qui recherche la grande architecture vintage classique
La 7928 constitue probablement l’une des références les plus fascinantes. Ses différentes formes de protège-couronne permettent de construire une véritable chronologie à l’intérieur d’une seule référence.
Pour celui qui veut l’identité Tudor la plus forte
Les 7016, 7021, 9401 et 9411 Snowflake représentent le cœur visuel de la Tudor Submariner. Elles sont immédiatement reconnaissables et constituent le point où la marque développe son propre langage.
Pour le collectionneur militaire
Une 9401 M.N. bleue correctement documentée appartient naturellement aux configurations les plus emblématiques. Mais la qualité de la provenance reste plus importante que la seule présence de la gravure.
Pour entrer dans le vintage Tudor avec une montre plus facile à porter
Les 76100 et 79090 offrent un excellent compromis entre histoire, mouvement ETA 2824-2, dimensions contenues et possibilité d’usage régulier.
Pour celui qui recherche la fin de la lignée
La 79190 apporte le saphir et la lunette unidirectionnelle tout en conservant le nom Submariner. Sa place de dernière génération historique lui donne une signification particulière.
La meilleure Tudor Submariner n’est pas nécessairement la plus rare. C’est celle dont la génération, la configuration, l’état et le niveau de documentation correspondent au projet du collectionneur.
Ce qui détermine réellement la valeur d’une Tudor Submariner
Deux Tudor Submariner portant la même référence peuvent présenter des valeurs très différentes.
La référence constitue le premier niveau de lecture, mais elle ne suffit pas. Une 7928 précoce à protège-couronne particuliers n’est pas évaluée comme une 7928 beaucoup plus tardive. Une 9401 civile et une 9401 M.N. documentée ne suivent pas exactement la même logique.
Le cadran constitue ensuite l’un des critères essentiels. Son type, sa matière lumineuse, sa patine, son état et sa conformité chronologique peuvent modifier fortement l’intérêt de la montre.
Le boîtier joue également un rôle majeur. Des cornes épaisses, des arêtes encore lisibles et des volumes bien conservés témoignent d’une histoire différente de celle d’une montre ayant subi plusieurs polissages lourds.
Sur une pièce militaire, la provenance peut devenir déterminante. Une documentation solide, un historique cohérent et des marquages compatibles peuvent créer une valeur patrimoniale que la seule référence ne permet pas d’expliquer.
Enfin viennent le mouvement, la lunette, la couronne, le bracelet, les pièces de service et les documents.
Pour approfondir cette méthodologie, voir notre dossier Combien vaut réellement ma montre ? Les douze critères qui déterminent sa valeur.
Le marché de la Tudor Submariner : rareté, provenance et qualité
Le marché de la Tudor Submariner est plus fragmenté qu’il n’y paraît.
Les toutes premières références répondent à une logique de rareté historique. Les Snowflake bénéficient d’une forte reconnaissance esthétique. Les M.N. ajoutent la question de la provenance. Les 79090 et 79190 occupent un territoire plus accessible et plus proche du néo-vintage.
Il n’existe donc pas une « cote Tudor Submariner » unique.
Une montre rare mais restaurée peut être moins intéressante qu’un exemplaire plus courant parfaitement préservé. Une prétendue provenance militaire mal démontrée peut être moins attractive qu’une montre civile irréprochable.
Le marché récompense souvent la rareté, mais il récompense de plus en plus la qualité réelle de l’exemplaire et la capacité à documenter ce que l’on affirme.
La Tudor Submariner est-elle un investissement ?
La question mérite la même prudence que pour une Rolex Submariner ou une Daytona.
Une 7924 Big Crown, une 9401 M.N., une 79090 civile et une 79190 ne constituent pas un marché unique. Elles n’attirent pas exactement les mêmes acheteurs et leur rareté ne repose pas sur les mêmes critères.
Sur les références anciennes, la valeur dépend fortement de la configuration, de l’originalité du cadran, de la conservation du boîtier, de la cohérence des composants et de la provenance.
Une pièce réellement rare et très bien conservée peut suivre une logique patrimoniale de long terme parce que la population d’exemplaires comparables ne peut pas augmenter.
Mais aucune hausse future ne peut être garantie.
Le prix reste soumis à l’offre, à la demande, au contexte économique et aux évolutions du goût des collectionneurs.
Chez Mostra, nous préférons parler de valeur patrimoniale plutôt que de rendement : acheter la bonne référence, dans la bonne configuration, au bon état et au bon prix reste plus important que tenter de prévoir le prochain mouvement du marché.
La fin de la Submariner n’a pas supprimé son ADN
La disparition du nom Submariner du catalogue Tudor en 1999 ne signifie pas la disparition de l’histoire.
Les familles Black Bay et Pelagos reprennent chacune une partie de cet héritage.
La Black Bay rassemble plusieurs codes historiques de Tudor sans reproduire exactement une référence ancienne. La Pelagos poursuit davantage la logique de la montre-instrument contemporaine.
Le Pelagos FXD a ensuite renforcé de manière très visible le lien entre Tudor et son histoire navale.
Le Snowflake, surtout, n’a jamais réellement disparu.
Il a cessé d’appartenir uniquement à la Tudor Submariner pour devenir l’un des signes distinctifs les plus évidents de Tudor elle-même.
Pourquoi acheter une Tudor Submariner vintage chez Mostra ?
Acheter une Tudor Submariner ancienne ne consiste pas seulement à choisir une référence ou une couleur de cadran.
Il faut comprendre quelle montre se trouve réellement devant soi.
Chez Mostra à Aix-en-Provence, la lecture historique et patrimoniale de la montre est associée au contrôle technique réalisé par notre atelier.
Une 7928, une 9401 Snowflake, une 76100 et une 79090 ne sont pas examinées exactement selon les mêmes priorités.
Sur une Snowflake ancienne ou une pièce militaire, la conservation du cadran, des aiguilles, de la lunette, du boîtier et des marquages peut prendre une importance patrimoniale considérable.
Sur une 79090 ou une 79190 destinée à être portée régulièrement, l’état du mouvement, de la couronne, de la date et l’étanchéité réelle deviennent également déterminants.
Chaque Tudor Submariner sélectionnée par Mostra est donc lue selon sa génération, son usage et son intérêt de collection.
Lorsque cela est nécessaire, la montre est contrôlée ou révisée par l’atelier horloger Mostra. La marche, le remontage, le fonctionnement de la date, l’état mécanique et l’étanchéité peuvent être vérifiés selon la nature de la pièce.
Les montres préparées et commercialisées par Mostra bénéficient d’un certificat d’authenticité et d’une garantie de trois ans, accompagnés du suivi de notre atelier.
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Faire expertiser, entretenir ou vendre une Tudor Submariner
Vous possédez une 7922, 7928, 7016, 7021, 9401, 9411, 76100, 79090, 79190 ou une Tudor Submariner présentée comme militaire ?
L’identification précise constitue toujours la première étape avant une décision de restauration, d’assurance, d’achat ou de vente.
Mostra peut vous accompagner pour identifier la référence, examiner la cohérence du cadran et des aiguilles, contrôler le mouvement, distinguer certaines pièces de service, analyser les marquages militaires et apprécier l’état général de conservation.
Lorsqu’une vente est envisagée, ces éléments permettent d’éviter une estimation fondée uniquement sur un numéro de référence ou sur un résultat d’enchères concernant une montre qui n’est pas réellement comparable.
Découvrir l’atelier horloger Mostra
Pour approfondir : les dossiers Mostra liés à la Tudor Submariner
Comprendre une Tudor Submariner suppose souvent d’aller au-delà de la seule histoire du modèle. La relation avec Rolex, la provenance militaire, l’état mécanique et la valeur sur le marché de l’occasion appartiennent à des problématiques plus larges.
Rolex Submariner : histoire, références et guide du collectionneur
Suivre l’évolution parallèle de la branche Rolex et comprendre les points de rencontre puis de divergence entre les deux familles.
Combien vaut réellement ma montre ?
Comprendre pourquoi référence, état, provenance, cohérence, set et marché doivent être étudiés ensemble.
L’atelier horloger Mostra
Contrôle, diagnostic, entretien et révision de montres modernes, vintage et de collection à Aix-en-Provence.
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FAQ Tudor Submariner : les questions les plus fréquentes
Quelle est la première Tudor Submariner ?
La Tudor Oyster Prince Submariner référence 7922, introduite en 1954. Elle utilise le calibre automatique 390 et est initialement donnée pour une étanchéité de 100 mètres.
Quelle Tudor Submariner est appelée Big Crown ?
La 7924 de 1958, reconnaissable notamment à sa grande couronne d’environ 8 mm et à son étanchéité annoncée à 200 mètres.
Qu’est-ce qu’une Tudor Snowflake ?
Le surnom Snowflake désigne les Tudor équipées des grandes aiguilles anguleuses et, dans leurs configurations les plus emblématiques, d’index carrés introduits à partir de 1969.
Toutes les Tudor Snowflake sont-elles militaires ?
Non. Les Snowflake ont également été commercialisées sur le marché civil. Leur dessin est associé à l’histoire militaire de Tudor, mais il ne constitue pas une preuve de dotation.
Comment reconnaître une Tudor Marine Nationale ?
Aucun élément unique ne suffit. Référence, numéro de série, fond, type de gravure, cadran, aiguilles, mouvement, année et provenance doivent être étudiés ensemble.
Que signifie « M.N. 76 » sur une Tudor ?
Sur une montre cohérente et authentiquement liée à une dotation française, M.N. fait référence à la Marine nationale et les chiffres indiquent généralement l’année de dotation.
Pourquoi certaines Tudor anciennes portent-elles des pièces Rolex ?
Parce que plusieurs générations historiques utilisaient officiellement des éléments issus de l’univers Oyster, notamment certaines couronnes, boîtiers ou bracelets portant une signature Rolex. Leur présence doit cependant être cohérente avec la référence et la période.
Quelle différence entre Tudor 7016 et 7021 ?
La 7016 est sans date et utilise l’ETA 2483. La 7021 ajoute une date à 3 heures et utilise l’ETA 2484.
Quelle différence entre Tudor 9401 et 9411 ?
La 9401 est principalement une version sans date utilisant l’ETA 2776. La 9411 ajoute la date et utilise principalement l’ETA 2784.
Quelle est la dernière Tudor Submariner ?
La 79190, introduite au milieu des années 1990 et produite jusqu’à la disparition de la ligne Submariner du catalogue Tudor en 1999.
Une Tudor M.N. vaut-elle toujours plus cher qu’une Tudor civile ?
Pas automatiquement. Une provenance militaire authentique et documentée peut créer une prime importante, mais une montre civile très originale et parfaitement conservée peut être plus intéressante qu’une prétendue M.N. dont l’histoire est incertaine.
Peut-on encore plonger avec une Tudor Submariner vintage ?
Seulement après un contrôle d’étanchéité adapté. La profondeur inscrite sur le cadran ou le fond décrit la spécification historique de la montre et ne garantit pas l’état actuel de ses joints, de sa couronne ou de son verre.
Tudor Submariner : lorsque l’alternative devient une histoire autonome
Pendant longtemps, la Tudor Submariner a été regardée depuis l’ombre portée de la Rolex Submariner.
Cette lecture était compréhensible.
Les deux familles partagent Hans Wilsdorf, le principe Oyster, une silhouette commune et, pendant de nombreuses années, certains composants issus du même univers industriel.
Mais quarante-cinq années d’évolution finissent par raconter autre chose.
La 7923 expérimente le remontage manuel. La 7924 agrandit sa couronne et atteint 200 mètres. La 7928 fait évoluer successivement ses protège-couronne. Les 7016 et 7021 introduisent le Snowflake. Les 9401 bleues accompagnent l’histoire de la Marine nationale. Les 76100 assurent la transition vers les années 1980. La 79090 revient aux codes historiques tandis que la 79190 ferme finalement la lignée avec le saphir.
La Tudor Submariner commence donc son existence avec une parenté Rolex évidente.
Elle la termine avec une identité Tudor tout aussi évidente.
Une Tudor Submariner n’est pas seulement une alternative historique à la Rolex Submariner. Elle est l’un des endroits où Tudor a progressivement appris à devenir Tudor.
Et c’est précisément là que commence la collection.
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