• Yema Yatchingraf  1ère Génération Cadran Zone B
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Yema
Yatchingraf 1ère Génération Cadran Zone B - Patent Pending

Réf. : 9312 Année : 1966

La Yema Yachtingraf 9312 de 1966 associe Valjoux 92 et décompte de régate « zone B », en configuration tête basse. Yachtingraf première génération de 1966, chronographe de régate à roue à colonnes, Cadran type Zone B.

Boîtier Acier
Diamètre 39 mm
Bracelet Bracelet Cuir
Mouvement Remontage manuel
Calibre Valjoux 92
Contenu Ecrin Mostra
2 750,00 €
Montre garantie 36 mois
  • Diamètre
    39 mm
  • Mouvement
    Remontage manuel
  • Boitier
    Acier
  • Bracelet
    Bracelet Cuir
  • Contenu
    Ecrin Mostra
  • Genre
    Homme
  • Genre pour Google
    Homme
  • Etanchéité
    Non étanche
  • Année
    1966
  • Modèle
    Remontage Manuel
  • Version
    Patent Pending
  • Référence Fabricant
    9312
  • Certificat d'authenticité
    Oui
  • Référence Mostra
    MS10261480
  • Calibre
    Valjoux 92
  • Nombre de rubis
    17
  • Entre-corne (mm)
    19
  • Type de verre
    Plexiglas
  • Cadran
    Yatchingraf zone B (tete en bas)
  • Boucle
    Ardillon
  • Type de bracelet
    Bracelet Neuf de Remplacement
  • Longueur bracelet min. (cm)
    14
  • Longueur bracelet max. (cm)
    22
  • Couleur du bracelet
    Marron
  • Spécificités
    18 000 alt/h, Réserve de marche 39h, Cadran Chrono Yatching Zone B (USA)

« En régate, les premières minutes de la course se préparent avant même que le départ soit donné. Il faut regarder le vent, trouver sa place, conserver sa vitesse et arriver au bon endroit au bon instant. Certaines montres ont été imaginées pour ce rendez-vous précis entre le mouvement et le temps. »

Yema Yachtingraf référence 9312, exemplaire de 1966, chronographe de régate de première génération, boîtier rond en acier au format d’environ 38 mm hors couronne, lunette noire tournante graduée sur soixante unités, verre acrylique bombé, cadran noir à deux compteurs asymétriques, petite seconde permanente à neuf heures et grand totalisateur de trente minutes à trois heures, secteurs nautiques bleus et rouges sur fond clair, lecture « zone B » sur quinze minutes avec aiguille de compteur à deux extrémités montée « tête basse », aiguilles centrales des heures et des minutes, grande seconde de chronographe et absence de calendrier. Mouvement suisse à remontage manuel Valjoux 92, commande du chronographe par roue à colonnes, embrayage à pignon oscillant, fréquence de 18 000 alternances par heure, soit 2,5 Hz, construction à 17 rubis, réserve de marche théorique d’environ 39 heures après remontage complet. Une montre de collection proposée avec l’accompagnement de notre atelier horloger à Aix-en-Provence et la garantie Mostra de 3 ans. 

Il faut imaginer quelques voiliers qui se rapprochent, une voile que l’on borde, une trajectoire que l’on corrige et cette ligne de départ que personne ne souhaite atteindre au mauvais moment. Contrairement à une automobile immobilisée sur une grille, un voilier continue de vivre pendant l’attente. Il avance, ralentit, change d’angle et cherche la position qui lui permettra de prendre son départ avec de la vitesse. La montre doit alors donner davantage qu’une durée : elle doit rendre immédiatement compréhensible ce qui reste à préparer. C’est dans cet univers que la Yema Yachtingraf trouve sa raison d’être. Son grand compteur coloré attire aujourd’hui le regard du collectionneur ; à l’origine, il devait surtout éviter au navigateur de perdre du temps à interpréter sa montre. Cette 9312 de 1966, équipée du Valjoux 92 et présentée dans sa configuration de lecture zone B, conserve toute la force de cette idée : une mécanique traditionnelle mise au service d’un affichage conçu pour une situation très particulière.

La Yachtingraf apparaît à un moment où Yema, maison française fondée en 1948, affirme son goût pour les montres techniques. Son histoire s’ancre dans une demande de brevet bénéficiant d’une priorité française du 30 juin 1966, consacrée à un chronographe dont les indications permettent de suivre les préparatifs d’un départ de régate. L’originalité ne repose pas sur un mouvement qui tournerait à rebours, mais sur l’organisation du cadran, l’usage d’une aiguille à deux extrémités et la complémentarité avec une lunette tournante. La version Valjoux 92 appartient à la première génération de cette famille, avant les déclinaisons utilisant notamment le Valjoux 7730 et les développements ultérieurs de la Yachtingraf. Elle précède les Croisière à trois compteurs et les interprétations à disque de décompte. C’est cette position dans la généalogie qui lui donne son intérêt : elle permet de revenir au principe initial, lorsque l’identité du modèle se construit autour de deux compteurs et d’une lecture nautique immédiatement reconnaissable. 

Cette identité se découvre dans l’asymétrie du cadran. À gauche, la petite seconde conserve des proportions discrètes ; à droite, le compteur de régate prend volontairement davantage de place. Le dessin établit ainsi une hiérarchie entre ce qui confirme simplement la marche de la montre et ce qu’il faut pouvoir lire rapidement pendant une manœuvre. Les couleurs introduisent un langage supplémentaire, tandis que la surface noire laisse aux aiguilles et aux index la netteté nécessaire. Autour, la lunette encadre l’ensemble sans détourner le regard du compteur principal. Le verre acrylique bombé apporte cette manière douce de recevoir les reflets qui appartient aux chronographes de cette époque. Au poignet, le format demeure contenu, mais la montre possède une présence très personnelle : on reconnaît d’abord son compteur coloré, puis l’on découvre combien chaque détail participe à sa fonction. La Yachtingraf n’a pas besoin d’un grand diamètre pour affirmer son caractère.

Pour comprendre son utilisation, il faut d’abord distinguer les indications qui fonctionnent en permanence de celles que l’on déclenche volontairement. Les aiguilles centrales des heures et des minutes donnent l’heure courante. La petite seconde à neuf heures effectue son tour en une minute et continue de fonctionner lorsque le chronographe est arrêté. La grande aiguille centrale de chronographe, elle, reste au repos tant qu’une mesure n’a pas été lancée ; une fois déclenchée, elle parcourt le cadran en soixante secondes. Elle travaille avec le totalisateur situé à trois heures, dont l’aiguille accomplit un tour complet en trente minutes. Ce dernier point est essentiel : même lorsque l’on utilise la lecture de départ sur quinze minutes, la mécanique demeure celle d’un compteur de trente minutes. Le compte à rebours naît de la disposition des graduations et de la manière de les lire. Les aiguilles continuent de tourner dans le sens habituel.

La zone B : comprendre la configuration « tête basse »

L’expression « tête basse » désigne ici la position de repos de l’extrémité cerclée de l’aiguille du compteur, orientée vers le bas de ce petit cadran, à sa position de six heures. Il ne s’agit donc ni de l’aiguille des heures de la montre ni d’une indication située à six heures sur le cadran principal. Dans cette configuration, la partie la plus immédiatement identifiable de l’aiguille est placée pour parcourir la moitié gauche du compteur, consacrée à la lecture zone B. Elle commence sa course en bas, progresse dans le sens horaire par la gauche et rejoint le haut après quinze minutes, soit un demi-tour. Cette orientation possède une logique fonctionnelle précise : elle privilégie la lecture d’une préparation de départ en trois périodes de cinq minutes. Une aiguille cerclée reposant vers le bas ne doit donc pas être considérée, sur ce seul critère, comme une aiguille montée par erreur. Il faut d’abord comprendre la lecture que son orientation rend plus évidente.

Imaginons maintenant un départ précédé de quinze minutes de préparation, selon le principe prévu pour cette zone B. Au premier signal, le navigateur appuie sur le poussoir supérieur : la grande seconde centrale démarre et le compteur commence à totaliser les minutes. L’extrémité cerclée quitte sa position basse. Après cinq minutes, elle atteint approximativement la position de huit heures dans le petit compteur : dix minutes restent à parcourir avant le départ. Après dix minutes, elle arrive vers dix heures et entre dans la dernière tranche de cinq minutes. Après quinze minutes, elle rejoint le haut du compteur : le temps de préparation est écoulé. Les positions évoquées sont celles du petit cadran de régate, non celles de l’heure affichée par la montre. Ce mouvement est simple à suivre une fois compris : le navigateur regarde une aiguille remonter vers son échéance, tandis que les secteurs lui permettent d’identifier la phase dans laquelle il se trouve.

La dernière tranche reçoit une attention particulière. Dans la partie supérieure gauche, la graduation 5, 4, 3, 2, 1 donne un sens immédiat à l’approche du départ. Le compteur ne demande plus seulement de reconnaître une couleur : il permet de lire les dernières minutes restantes. Puis, lorsque l’échéance se rapproche, le regard se déplace vers la grande seconde centrale. Les deux indications deviennent complémentaires : l’une situe la phase du décompte, l’autre permet de suivre la fraction de minute en cours. Avec un déclenchement exactement synchronisé, quatorze minutes et quarante secondes écoulées correspondent à vingt secondes restantes avant un départ fixé à quinze minutes. Il faut bien conserver cette distinction : la grande aiguille centrale indique des secondes écoulées, pas des secondes décroissantes. À l’échéance, la montre ne sonne pas et ne s’arrête pas automatiquement ; elle poursuit sa mesure. Le départ appartient aux signaux de course, la Yachtingraf aide à s’y préparer.

L’autre moitié du compteur explique la présence des deux extrémités opposées de l’aiguille. La partie droite correspond à la lecture dite zone A, organisée autour de deux périodes de cinq minutes. Avec le montage tête basse, l’extrémité fine opposée se trouve initialement en haut et peut servir de repère pour cette lecture. La même mécanique donne donc accès à deux organisations du temps, sans retourner le cadran ni modifier le mouvement. Il convient simplement de choisir dès le départ le côté et l’extrémité que l’on suit. C’est toute l’ingéniosité du dispositif : employer un totalisateur classique pour répondre à plusieurs séquences de préparation. L’appellation zone B décrit avant tout cette configuration de lecture ; elle ne suffit pas à prouver une destination commerciale ou une provenance géographique particulière. Les durées de dix et quinze minutes appartiennent aux protocoles envisagés lors de la conception du modèle, et ne doivent pas être présentées comme une règle universelle applicable à toutes les régates.

La lunette tournante apporte une dernière subtilité, souvent oubliée lorsque l’on regarde la Yachtingraf uniquement comme un beau chronographe vintage. Le brevet prévoit son utilisation pour établir un repère des secondes par rapport à un signal officiel. Un déclenchement légèrement tardif n’oblige pas nécessairement à interrompre toute la mesure : au signal suivant, le navigateur peut aligner le repère de lunette avec la position de la grande aiguille centrale. Il dispose alors d’une référence visuelle correspondant à cet instant, indépendante du zéro habituel situé en haut du cadran. Il faut comprendre la portée exacte de ce geste : on déplace le repère de lecture, on ne remet pas le mouvement à l’heure et l’on ne corrige pas mécaniquement le compteur de minutes. Cette fonction illustre la proximité entre l’objet et son usage. Le concepteur a envisagé le navigateur occupé à autre chose au moment du signal, puis lui a donné un moyen de retrouver un repère sans demander au chronographe de devenir plus compliqué.

Sous le cadran, le Valjoux 92 donne à cette première Yachtingraf une personnalité mécanique distincte de celle des versions suivantes. Son remontage est manuel, sa commande de chronographe utilise une roue à colonnes et la transmission vers le chronographe fait appel à un pignon oscillant. La roue à colonnes coordonne les positions des organes de commande lors du départ et de l’arrêt de la mesure ; elle appartient à cette architecture que les amateurs de chronographes anciens apprécient autant pour sa logique que pour son exécution. Le mouvement comporte 17 rubis, fonctionne à 18 000 alternances par heure, soit 2,5 Hz, et donne à la seconde une progression par cinq impulsions par seconde. Sa réserve théorique d’environ 39 heures après remontage complet invite à un remontage quotidien lorsque la montre est portée régulièrement. Sur un exemplaire de cet âge, l’autonomie réellement obtenue dépend naturellement de l’état du ressort moteur, du rouage et de la qualité de l’entretien : un chiffre de catalogue ne remplace jamais une mesure à l’atelier.

Les commandes conservent la simplicité d’un chronographe à deux poussoirs. Le poussoir supérieur, vers deux heures, lance la mesure, l’arrête puis permet de la reprendre pour additionner plusieurs séquences. Le poussoir inférieur, vers quatre heures, ramène les indications du chronographe à leur position initiale une fois celui-ci arrêté. Cette montre ne possède pas de fonction flyback : on ne confond donc pas arrêt, remise à zéro et redémarrage. Dans la configuration zone B, le retour de l’extrémité cerclée vers le bas fait partie du comportement attendu du compteur. La couronne permet, quant à elle, de remonter le mouvement et de régler l’heure, sans calendrier à corriger. Ces gestes donnent aujourd’hui encore une vraie place à la montre dans la vie quotidienne. Une durée de travail, une attente ou une activité peuvent devenir l’occasion de faire fonctionner le chronographe et de retrouver le plaisir d’un instrument dont on comprend les indications.

L’intérêt de cet exemplaire tient ainsi à la réunion de plusieurs éléments : l’année 1966, la première génération à Valjoux 92, le cadran nautique asymétrique et la configuration tête basse privilégiant la zone B. Il n’est pas nécessaire de lui attribuer une histoire de propriétaire célèbre ou une production numérotée pour apprécier ce qu’il représente. Son dessin possède déjà une histoire suffisante. Dans une collection, cette Yachtingraf apporte une lecture différente de celle d’un chronographe automobile ou aéronautique : ici, le temps sert à préparer un mouvement, à choisir son instant, à anticiper plutôt qu’à constater. Sa conservation demande en retour une attention cohérente avec son âge. Le cadran, l’aiguille à deux extrémités, la lunette et les proportions de la carrure doivent être considérés ensemble. Sa vocation maritime historique ne constitue pas une garantie d’étanchéité actuelle ; le porté à sec reste l’approche prudente pour préserver une telle montre vintage.

Chez Mostra, une Yachtingraf de première génération mérite autant une lecture horlogère qu’une compréhension de son usage. Notre atelier à Aix-en-Provence examine la cohérence de la montre, la marche du mouvement, le déclenchement du chronographe, l’entraînement du compteur et le retour des aiguilles à leurs positions de repos. La préparation et les opérations de révision sont adaptées à ses besoins mécaniques, avec une attention particulière à la préservation des éléments qui font son identité. Notre garantie de 3 ans prolonge cet accompagnement. C’est aussi notre rôle d’expliquer pourquoi une aiguille peut revenir tête en bas sans que cela soit une anomalie, ou comment quinze minutes peuvent se lire sur un compteur qui en totalise trente. Une fois ces détails compris, la montre change légèrement de visage. On ne voit plus seulement du rouge et du bleu sur un cadran noir : on imagine une ligne de départ, un voilier qui prend de la vitesse et un navigateur qui sait exactement combien de temps il lui reste.

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