Memphis Belle : histoire et montres des pilotes américains

... Les montres de type a-11 et a-17 de l'US Army Air Force

Le Memphis Belle est le premier bombardier B-17 à avoir terminé un cycle de 25 missions sans perdre son équipage. Ce récit retrace son histoire, ses films emblématiques, et les montres militaires portées par ses pilotes, notamment la Longines Weems et l’Elgin A-11.

Une forteresse volante légendaire

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Le 17 mars 1943, après avoir bombardé la base sous-marine de Lorient, le B-17 Memphis Belle du 324th Bomb Squadron boucle sa 25e mission en atterrissant à Bassingbourn, en Angleterre. C’est le premier bombardier lourd à accomplir ce cycle complet avec tout son équipage sain et sauf. En tout, 148 heures de vol et plus de 60 tonnes de bombes larguées.

Deux films retracent cette épopée : un documentaire réalisé en 1944 par William Wyler, et un film de fiction sorti en 1990. Ce dernier, bien que fidèle aux réalités des missions de bombardement, modifie un détail historique : la 25e mission y cible Brême, alors qu’elle fut en réalité la 21e de l’équipage.

Le 91e Bomb Group et ses missions

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Le Memphis Belle faisait partie du 91e Bomb Group, intégré au 1er Combat Bombardment Wing de la Huitième Air Force. Ce groupe, identifiable au code DF et au triangle A sur la queue des avions, a été actif dès novembre 1942. Ses cibles prioritaires : les bases sous-marines allemandes sur la côte atlantique, mais aussi les bases aériennes de la Luftwaffe, les sites industriels et les nœuds ferroviaires. En mars 1943, il est décoré pour le courage de ses équipages lors du bombardement de Hamm.

Le Memphis Belle et son équipage

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Le B-17 Memphis Belle (modèle B-17-F-10-BO, n° de série 41-244585) effectua sa première mission le 7 novembre 1942 à Brest. L’équipage comptait 11 hommes, dont 5 mitrailleurs, un opérateur radio, un navigateur, un officier de bombardement, deux pilotes, et un mécanicien au sol. Le capitaine Robert K. Morgan était le pilote, assisté par le capitaine Jim Verinis. Le film de 1990 met en scène Matthew Modine, Billy Zane, Harry Connick Jr. et d’autres dans leurs rôles respectifs.

Les montres portées par les pilotes

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Dans le film, on distingue plusieurs montres militaires vintage : l’Elgin A-11 et la Longines Weems 10L. Cette dernière, réservée aux pilotes, est une montre de navigation type Hack-Watch, synchronisable via la couronne, avec une lunette tournante verrouillable par le système breveté Weems. Cette montre a équipé de nombreux pilotes américains et britanniques sur P-51, Spitfire, B-17 ou Lancaster. Longines livrait directement à la Royal Air Force, sans passer par Wittnauer.

Les montres A-11 et A-17

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L’armée américaine lança deux appels d’offres pour des montres de dotation pendant la guerre. Elgin et Longines Wittnauer remportèrent celui de l’A-11 ; Waltham et Bulova celui de l’A-17. Ces montres étaient essentielles pour synchroniser les attaques aériennes. Grâce à leur fonction hack (stop-seconde), elles permettaient d’éviter des erreurs de largage en vol groupé et de coordonner les assauts entre escadrilles.

Leur conception prévoyait l’usage de peinture lumineuse non radioactive à la place du radium, qui, avec les vibrations des vols en altitude, pouvait s’effriter et endommager le mouvement. Les montres devenaient alors inutilisables, compromettant la mission.

Un héritage technique et symbolique

Les modèles A-11 et A-17, postérieurs à la Longines Weems, bénéficient de meilleures performances : résistance aux chocs, fonctionnement plus régulier, meilleure tenue en altitude et face aux températures extrêmes. Leur taille restait modeste (24 à 28 mm) en raison de la pénurie de matières premières. Ces diamètres resteront la norme jusqu’aux années 1950, avant que les 36-38 mm ne s’imposent.

Portées par les pilotes, ces montres étaient bien plus que de simples instruments : elles incarnaient un lien fort avec la communauté de l’air. Des objets techniques, symboliques, et souvent transmis en héritage.

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