Glycine Airman SST : la montre des pilotes d'exception

L'ère des supersoniques

Avion supersonique Corcorde au décollage de London Heathrow

Montre iconique des années 60 et 70, la Glycine Airman SST s’impose comme l’outil privilégié des pilotes civils et militaires à l’ère des vols transcontinentaux et du rêve supersonique. Pensée pour les professionnels, elle combine lisibilité, finesse et innovations techniques dans un boîtier au design audacieux.

Une montre née dans le ciel

La Glycine Airman est une montre d'aviation très prisée par les forces aériennes du XXe siècle. Adoptée également par de nombreux pilotes civils dans les années 50 et 60, elle connaît un immense succès grâce à son référencement par l’AOPA (Aircraft Owners and Pilots Association), qui propose alors des tarifs préférentiels à ses membres.

Dans les années 60, on la retrouve au poignet d’équipages de nombreuses compagnies aériennes — un symbole de statut dans le cockpit.

La SST : une Airman version supersonique

Dans les années 70, Glycine relance le modèle avec une esthétique plus audacieuse, inspirée de l’époque Pop Art. L’Airman SST est pensée pour le marché américain, en pleine effervescence aéronautique avec l’arrivée du Concorde, du Tupolev 144 d’Aeroflot, et le projet Boeing 2707 SST.

Le Boeing SST, capable de croisière à Mach 2,7, prévoyait d’embarquer jusqu’à 300 passagers. Abandonné pour des raisons de rentabilité et d’impact environnemental, il influencera pourtant le développement militaire avec des projets comme le F-111, le F-14 Tomcat ou le bombardier B1.

Une production taillée pour le ciel américain

Les États-Unis étant le pays comptant le plus grand nombre de pilotes, Glycine développe des versions spécifiques pour ce marché, souvent à grande échelle et rarement commercialisées ailleurs. L’Airman SST et sa version revisitée Airman Special en sont les meilleurs exemples.

Une montre, deux variantes

documentation Glycine SST

L’Airman SST : un cadran 24h repensé

La première version conserve le cadran 24h et l’affichage 60 minutes de l’Airman originale. Mais elle se distingue par un disque orange périphérique, placé sous le verre, qui permet d’afficher le décalage horaire à l’arrivée via deux séries de repères 24h.

Ce disque rotatif est actionné par une couronne qui tourne (sans s’enfoncer), afin d’ajuster l’heure de destination selon l’heure locale. Les minutes sont lisibles en circulaire sous les indexes tritium, qui assurent une lecture précise grâce au chemin de fer intérieur.

Ergonomie et confort en vol

Pour éviter l’usure des uniformes et des chemises des équipages, Glycine supprime la couronne GMT proéminente et la remplace par un poussoir intégré, situé en haut à droite du boîtier. De même, la lunette crantée du modèle précédent disparaît au profit d’un disque interne sous verre.

Pilote de Concorde au décollage

Lisibilité et design cockpit

Le verre, large et plat, recouvre presque tout le boîtier pour offrir une lisibilité optimale, sans reflets gênants dans le cockpit. Le disque orange mat offre un contraste idéal dans les lumières tamisées de nuit, préservant la vision nocturne et réduisant la fatigue.

Glycine Airman Special SST détails et profils

Une alternative élégante aux icônes concurrentes

Malgré son design technique, l’Airman SST reste fine pour une automatique, bien plus que ses rivales directes : Breitling Navitimer, Rolex GMT Master ou Omega Flightmaster. Ce confort est accentué par l’absence de fonction chronographe, rendue moins utile par l’évolution des procédures de contrôle aérien à la fin des années 60.

Un calibre sur mesure

Glycine SST GMT Time Concorde

Le mouvement automatique choisi par Glycine pour la Airman SST est l’A. Shield AS1903 (1967–1971), en 24h avec date. Il sera suivi du calibre AS2063 (1971–1974), puis du AS2163 jusqu’en 1978. Ces mouvements robustes renforceront sa fiabilité. Les versions suivantes passeront au quartz, permettant à Breitling de regagner du terrain dans les années 80 avec le rachat par Ernest Schneider.

Airman Special : l’édition ultra-confidentielle

Glycine Airman Special SST Dial Cadran Mostra

La seconde version, l’Airman Special Supersonique, sans logo SST sur le cadran mais gravé au dos, est rarissime en Europe. Conçue autour du mouvement AS1701 dans ses versions évoluées, elle est développée pour répondre à la demande américaine, notamment suite à son adoption par l’AOPA en remplacement des Breitling Navitimer.

Comme pour les autres modèles Glycine, les membres de l’AOPA pouvaient l’acquérir à prix préférentiel — un bel exemple de montre professionnelle pensée pour les pilotes... et restée culte pour les collectionneurs.

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