Breitling : histoire d'une manufacture dédiée à l'aviation - Partie 2
Le temps du quartz et la renaissance
L’histoire de la Breitling Navitimer connaît une période de bouleversement dans les années 70, marquée par l’arrivée du calibre automatique Chronomatic, puis un retour en force dans les années 80 sous la houlette d’Ernest Schneider. Entre innovations mécaniques, montres de pilotes et collaborations militaires, Breitling renoue avec son ADN aéronautique pour devenir une référence incontournable des chronographes professionnels.
Breitling face à la concurrence dans les années 70

Dans les années 70, Breitling, bousculé par de nombreux et prestigieux concurrents arrivés successivement sur les marchés de prédilection qui faisaient sa renommée, voit ses ventes et sa réputation décliner.
La Rolex GMT Master et la Glycine Airman deviennent des références incontournables dans l’aviation, tandis que la Speedmaster d’Omega, certifiée par la NASA pour les missions Apollo, vole la vedette aux modèles Breitling.
Naissance du calibre Chronomatic
Breitling tente de se relancer grâce à l’innovation technique. En collaborant avec Buren et Dépraz, la marque développe le calibre 11, un mouvement automatique révolutionnaire adopté notamment par la Heuer Monaco portée par Steve McQueen au Mans.
Ce mouvement se distingue par sa masse oscillante placée sous le cadran, invisible une fois le boîtier ouvert. Cette architecture inédite améliore la résistance aux accélérations, un avantage notable pour les pilotes.

Une nouvelle Navitimer pour une nouvelle époque
La Navitimer adopte alors une esthétique « seventies », un remontoir à gauche (typique du calibre 11) et une configuration à deux compteurs (minutes à 3h, heures à 9h), entourés d’une règle à calcul agrandie. Un affichage plus lisible et une nouvelle boîte marquent ce renouveau.
La crise du quartz et la chute de Breitling
Breitling est vite rattrapée par la vague du quartz venue du Japon. La marque commercialise alors des modèles quartz comme la Navitimer Jupiter Pilot. Mais la concurrence est trop rude.

L’entreprise fait faillite. Les droits du modèle Navitimer et les pièces détachées sont rachetés par Sinn, manufacture allemande fondée par Helmut Sinn, fournisseur de la Bundeswehr.
Le renouveau sous l’ère Ernest Schneider

En 1979, Ernest Schneider, via Sicura, rachète Breitling. Ancien militaire passionné d’aviation, il repositionne la marque dans l’aéronautique. Le succès revient avec des éditions spéciales comme celle dédiée à la patrouille italienne Frecce Tricolori en 1984.
Des montres pour les grandes patrouilles aériennes
Breitling multiplie les éditions limitées à l’occasion d’événements comme le championnat du monde de voltige en 1992 ou les montres dédiées à la Patrouille de France, aux Blue Angels ou à la Patrulla Aguilla.

Chronographe Aerospace Old Navitimer Navitimer 2
Championnat du monde de Voltige Patrouille de France Patrulla Aguilla
Le développement d’une gamme professionnelle
Installé à Granges, Schneider lance des modèles comme le Chronomat (1984), l’Astromat 1461 à calendrier perpétuel ou encore la gamme Shark, en quartz ou automatique, conçue avec le navigateur Éric Tabarly.
Retour au mécanique et évolution de la Navitimer
En 1986, les gammes Old Navitimer sont modernisées avec de nouveaux calibres mécaniques. En 1992, la Navitimer devient Navitimer 2, plus étanche, intégrant tachymètre, pulsomètre et télémètre dans une lunette redessinée.

Une montre de détresse révolutionnaire
En 1995, Breitling lance la première montre équipée d’une balise de détresse émettant sur les fréquences 121,5 MHz (civile) et 243 MHz (militaire), en partenariat avec Dassault Aviation.

Bien que le système satellite Cospas-Sarsat ait abandonné cette fréquence en 2008, elle reste surveillée par les contrôleurs aériens. L’Emmergency reste un modèle culte pour les amateurs d’aviation et de montres techniques.
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