Article

Seiko : De l’atelier Hattori aux montres chronographes bullhead...

... La marque horlogère japonaise qui a marqué les seventies

seiko-history-hattori-time-keeper-montres-watches

Devenue depuis le milieu du vingtième siècle un des principaux acteurs de l’industrie horlogère japonaise, la manufacture de montres seiko fut à la pointe de l’offensive commerciale japonaise des années soixante-dix sur un marché horloger mondial engourdi par des années d’hégémonie de l’horlogerie suisse.
Créé à Tokyo en septembre 1877 par Kintaro Hattori, cette marque va modifier durablement le secteur par une approche inédite et très audacieuse de la façon de concevoir et d’utiliser une montre professionnelle dans la vie de tous les jours.

C’est dans une démarche des plus traditionnelles que le fondateur lance son activité : création d’un atelier de réparation d’horloges à son domicile, suivi quelques années plus tard par une boutique de réparation et vente d’horloges et en 1892 de la création d’une marque : Seikosha que l’on peut traduire du japonais par « habité par le succès ».
Visionnaire et passionné de techniques mécaniques, Hattori fait évoluer l’activité de son entreprise de la réparation à la fabrication après le rachat d’une vaste usine désaffectée dans les faubourgs de Tokyo.

Ce sera le début de l’aventure de Seikosha qui sera dans un premier temps cantonné au marché intérieur japonais avec en 1895, la première montre de poche fabriquée au japon et en 1913, avec le modèle « Laurier » ou « Laurel » la première montre bracelet de manufacture japonaise.

seiko-military-navy-watches-montres-militaires-marine-japonnaise


Après la destruction de l’usine en 1923 et sa reconstruction l’année suivante, c’est la production de montres et instruments de mesures qui va donner à la marque son importance et ses moyens industriels. La seconde guerre mondiale qui va entrainer le Japon dans la guerre fait bénéficier Seiko de commandes de montres techniques à l’attention de l’armée et de la marine de guerre japonaise.
Brusquement vers 1937, l’augmentation des lignes de production de Seiko prend une dimension jamais constatée dans le secteur :  De nouvelles usines créent de nombreux nouveaux modèles de montres sont mis au point et manufacturées à l’aide d’immenses lignes de productions.

Toutes les spécialités sont prises en compte par l’entreprise : horloges de bord, chronographes d’artillerie, montres d’ordonnance, compteurs automobiles et d’aviation, une production qui vaudra à Seiko d’accompagner les aviateurs du corps expéditionnaire aéronaval japonais qui attaquera Pearl Harbour. Dans cette logique de fabrication, Seiko en 1941, produira ses premiers chronographes de poche à l’attention des forces navales et sous-marines.

seiko-military-watch-aviation-pilot-montre-pilote-japon



Au sortir de la guerre, seul une des onze usines de Seiko sera préservée des intenses bombardements américains sur le Japon. L’entreprise disposera à la fin des années cinquante de l’effort de reconstruction national, d’abord tourné vers les industries lourdes comme l’automobile et les machines-outils et qui concernera ensuite les industries de transformation dont elle fait partie.

C’est une nouvelle ère pour la manufacture qui va rapidement voir revenir dans ses rangs une population d’anciens militaires et ouvriers spécialisés et hautement qualifiés. Ces hommes rompus à des process d’améliorations perpétuels basés sur l’expérience utilisateur et ayant eu à innover dans le registre d’une production de masse vont donner à Seiko une nouvelle impulsion qui va durablement réorienter l’entreprise vers une fabrication peu couteuse mais d’une haute qualité de pièces produites.

C’est également une montée de la recherche vers de nouveaux modèles de mouvements de montres et l’emploi de nouvelles technologies qui va permettre à Seiko de se diriger vers la fin des années cinquante vers les premiers mouvements d’horloges à quartz. Dans la décennie qui suit, la Manufacture va déployer ses talents sur deux axes : les montres mécaniques de haute qualité par le biais de la marque « Grand Seiko » positionné sur un segment luxe et sa production traditionnelle orientée vers une diffusion plus large.

C’est une succession de brevets de d’innovations qui vont permettre à Seiko de remporter plusieurs titres et prix d’excellence comme « le meilleur chronomètre automatique de poignet en 1968 et la production en série d’un chronographe automatique à roue à colonnes et embrayage vertical. A partir de 1968, Seiko fera certifier par l’observatoire de Neuchâtel plus de deux cents chronomètres d’observatoire. En 1969, Seiko, avec l’Astron sera la première manufacture à produire la première montre à quartz de série.

seiko-histoire-seventies-montres-chronographes-watches



A partir des années soixante-dix, une nouvelle composante du succès de Seiko fait son apparition : le design japonais où la règle centrale est de créer un objet beau qui est utile.
Ces designers contemporains inspirés des cultures européennes américaines et scandinaves vont remodeler à la mode « kansei » l’aspect des productions japonaises. C’est le temps du miracle économique japonais avec l’arrivée au premier plan de la scène mondiale de nouvelles marques et de nouveaux concepts pendant le boom « izanagi » : Sony et son walkman, Datsun et sa fabuleuse Z432,  pour Seiko c’est la commercialisation réussie de chronographes à compteurs Kakume ou « écrans télé » de montres de plongées que l’on peut porter avec une tenue habillée, de montres bullhead et sur le segment plus généraliste de chronographes quartz accessibles et de montres lcd.

Cet élan de production suscite un réel écho auprès de la consommation mondiale, les ventes décollent et Seiko développe une méthode de commercialisation dans laquelle, elle va segmenter le monde en grandes régions pour lesquelles elle va produire des modèles différents en accord avec les attentes et besoins des consommateurs. Cette distribution innovante et efficace va finir d’ébranler l’horlogerie suisse qui sombre peu a peu dans une crise horlogère qui va la faire passer au second plan pour de nombreuses années. Seiko à la fin des années soixante-dix sera avec son alter égo Citizen un des deux piliers d’un secteur horloger japonais qui évolue vers une mondialisation de l’offre, laissant loin derrière lui les cendres de nombreuses manufactures européennes inadaptées aux économies d’échelle et dépendantes de fournisseurs multiples à l’équilibre économique précaire.

.../...

to be continued

6138-30 kakume big-blue circa 1974

6138-30 kakume big-blue circa 1974

le chrono à succès décliné boitier bullhead

62MAS Hashigo Diver Poor-man circa 1969

62MAS Hashigo Diver Poor-man circa 1969

La montre de plongée qui se porte en toutes circonstances